17 janvier 2020

François Taddei : « Les prémisses de l’école de demain existent déjà »

Le Livre Blanc « Apprendre demain » réalisé par HEP EDUCATION en partenariat avec le magazine Usbek & Rica sortira le 24 janvier prochain à l’occasion de le Fête internationale de l’Education (https://www.hep-education.com/programme/think-tank/le-livre-blanc-de-hep-education/livre-blanc/). L’occasion était trop belle et nous souhaitions partager avec vous quelques articles issus des échanges que nous avons eu, tout au long […]

Le Livre Blanc « Apprendre demain » réalisé par HEP EDUCATION en partenariat avec le magazine Usbek & Rica sortira le 24 janvier prochain à l’occasion de le Fête internationale de l’Education (https://www.hep-education.com/programme/think-tank/le-livre-blanc-de-hep-education/livre-blanc/). L’occasion était trop belle et nous souhaitions partager avec vous quelques articles issus des échanges que nous avons eu, tout au long de l’année 2018, avec des experts de l’Education. François Taddei est le cofondateur et directeur du CRI, le Centre de recherches interdisciplinaires installé à Paris. Militant actif pour l’innovation dans l’éducation, ce biologiste de formation pose les bases, dans son intervention à Parallaxe, le Think Thank de HEP Education, pour bâtir une véritable « société apprenante ». Ce qui passe, selon lui, par inventer l’école de demain.

Expérimenter et diffuser de nouvelles manières d’apprendre

A rebours de formations basées sur l’existence de disciplines cloisonnées, François Taddei est un fervent défenseur des regards et approches interdisciplinaires. Partant du constat que le système actuel de formation et de recherche, « hérité des siècles précédents », doit s’adapter aux défis du XIXe siècle et aux enjeux du numérique, il a fondé, en 2005, le Centre de recherches interdisciplinaires (CRI). implanté à Paris, celui-ci a pour objectif d’expérimenter et de diffuser de nouvelles manières d’apprendre, d’enseigner et de faire de la recherche en mobilisant l’intelligence collective. «Le CRI travaille sur un spectre disciplinaire très large qui va des sciences du vivant aux sciences du numérique en passant par les sciences de l’apprendre », détaille François Taddei, auteur d’un rapport sur ce qu’il nomme la « société apprenante ». « Ce concept de la société apprenante repose sur le fait qu’à partir du moment où quelqu’un a appris quelque chose, un autre doit pouvoir l’apprendre encore plus facilement ». Un principe en vigueur dans les sociétés ancestrales où les « anciens » racontaient ce qu’ils avaient appris à la chasse et à la cueillette pour faciliter la tâche des autres. « Mais aujourd’hui, il y a un certains nombre de silos qui font qu’il est interdit de copier à l’école, qu’il est déconseillé de discuter avec son voisin de bureau. Mais, au lieu de mettre les élèves en compétition, on peut les inviter à coopérer. D’autant que le numérique permet de favoriser l’intelligence collective en offrant la possibilité de se documenter et de partager des informations très facilement », souligne-t-il.

” Il faut faire appel à la créativité des enseignants “

Un nouveau prisme dans lequel François Taddei juge primordial l’implication des enseignants. « Il faut faire appel à la créativité des enseignants pour revisiter le modèle d’enseignement dominant en proposant des pratiques innovantes. Et, pour cela, il faut une liberté pédagogique », affirme le fondateur du CRI, prenant dans son intervention l’exemple d’une classe de primaire qui a rédigé un article scientifique à partir d’une expérience basée sur l’observation des fourmis. « D’une manière générale, il y a tout un tas de chose que l’on peut revisiter dans la façon d’apprendre. A l’image de Maria Montessori qui s’est battue pour imposer certaines choses, l’innovation naît souvent de la combinaison d’initiatives qui pré-existaient et qui sont réagencées d’une nouvelle manière. L’école de demain est à inventer, mais il y a des prémisses ici ou là qui permettent de réfléchir. Il faut désormais que les enseignants s’interrogent sur les bienfaits réels de tel ou tel méthode, qu’ils affinent et qu’ils partagent ces pratiques avec d’autres…». Et François Taddei de prendre exemple sur les systèmes éducatifs des pays en tête des classements mondiaux (Canada, Finlande, Singapour…), en terme de réussite des élèves. « Ces pays sont passés d’une logique d’enseignement horizontale à une logique de confiance et de coopération avec les élèves », souligne François Taddei, qui préfère ainsi les termes mentors et accompagnants à celui de formateur. « Ce terme renvoie à la notion de formatage. A l’inverse, l’accompagnant ou le mentor adopte une posture différente. Ce n’est pas quelqu’un qui dit à l’élève où aller, mais qui l’aide à atteindre un objectif. »

Retrouver l’intervention de François Taddéi en vidéo : *

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